Perceptions des hommes québécois de leurs besoins psychosociaux et de santé ainsi que de leur rapport aux services

Perceptions des hommes québécois de leurs besoins psychosociaux et de santé ainsi que de leur rapport aux services

détails de la fiche synthèse

Réalisée: David Guilmette Mise en forme: Justin Sirois-Marcil Juillet, 2014

L’apprentissage transformationnel de la masculinité.

Référence complète de l'étude

Bizot, D. (2011). L’apprentissage transformationnel de la masculinité. (Thèse de doctorat inédit). Université de Montréal. Repéré à https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/5504;jsessionid=A65565AF34E3A5E6227B682B1DC68245

Préblématique et cadre théorique

Dans le monde occidental de l’après-guerre, bien que le système patriarcal « continue d’imprégner notre culture et nos modes de socialisation » (à coeur d’homme, 2005, p. 5), cette forme d’oppression affectant les deux genres connaît des mutations décisives depuis 50 ans. À partir des années 1960, différents mouvements sociaux (ex. : mouvements de libération des femmes et des homosexuels-les) contribuent à modifier les rôles de genre entre hommes et femmes (Deslauriers, Gaudet & Bizot, 2009). Aujourd’hui, les rôles sexués ne sont plus distribués aussi catégoriquement que par le passé et les identités de genre sont plus flexibles (Castelain-Meunier, 2005). La place des hommes change et le modèle du patriarcat est largement remis en question. Dulac souligne que l’on assiste dans la seconde moitié du XXe siècle à « une rapide dévaluation de la reconnaissance sociale des capitaux et attributs fondateurs de la masculinité traditionnelle et que les préceptes de la masculinité sont en profonde mutation » (2003, p. 10). Castelain-Meunier (1988) affirme de son côté que les modèles traditionnels sont remis en cause parce que les hommes doivent s’adapter à une société en mutation et notamment, à l’évolution des femmes. En effet, la condition des femmes et celle des hommes auraient plus évolué au cours des 50 dernières années que durant les siècles précédents (Dorais, 1988 ; Welzer-Lang, 2009). Aussi, durant ce laps de temps, plusieurs mouvements réflexifs et d’action rendent manifeste la question de la domination masculine (Bourdieu, 1998). Ces derniers permettent de rompre « le silence universel » sous lequel est passé "le masculin" tandis que proliféraient les discours sur "le féminin" » (Tahon, 2003, p. 84). On commence à parler du masculin comme d’un genre construit socialement et plus seulement des hommes comme un allant de soi (voir Dulac, 2001a, 2001b, 1994).

En pratique, les hommes doivent relever de nouveaux défis dans les rapports qu’ils entretiennent avec les femmes, les enfants et les autres hommes en vue d’instaurer l’équité entre les sexes et d’établir les principes de pouvoirs et de responsabilités partagés dans les différentes sphères de leur vie publique et privée (Nations Unies, 1995). Les hommes et les femmes composent avec ces nouvelles valeurs culturelles et construisent ensemble les fondations d'une société plus juste et plus égalitaire (à coeur d'homme, 2005). « Dans les discours, l'égalité des sexes est aujourd'hui une valeur moderne intégrée à nos démocraties » (Welzer-Lang, 2005, p. 90). Dans cette perspective de justice sociale accrue et de plus grande égalité dans les rapports sociaux de genre, les hommes sont amenés à préciser de nouveaux repères juridiques, éducatifs, domestiques (Castelain-Meunier, 2005 ; Welzer-Lang, 2009). Or, cette conjoncture produit des dissonances dans la vie de bon nombre d'entre eux. Ils vivent fréquemment cette évolution comme une remise en cause des codes de la masculinité qu'ils ont appris.

Chez les hommes, une négociation des rôles de genre s’opère entre ce qu’ils ont reçu par la tradition et ce qu’ils veulent vivre et transmettre à leur tour aux générations futures. Selon Castelain-Meunier (2005, p. 158) : Les pratiques et les représentations se transforment, mais les résistances s'organisent aussi du côté des femmes, qui souhaitent être soulagées et secondées par un homme à la fois très différent et très semblable à elles. Ces attentes ne manquent pas d'engendrer des gênes et des malaises. En réaction aux défis que relèvent certains hommes et certaines femmes en regard des formes traditionnelles du patriarcat (voir les mouvements féministes, gais et lesbiens, antisexistes et proféministes), on constate que se développent des mouvements faisant la promotion sociale des valeurs reliées à la masculinité traditionnelle. C'est le cas aux États-Unis des Promise Keeppers, du Fatherhood Responsability Movement ou encore du mouvement The Million Men March. Plusieurs auteurs (Kimmel, 1996 ; Messner, 1997 ; Muesse, 1996) montrent que ces mouvements établissent leur fonctionnement entre autres choses à partir d’une peur de la féminisation du rôle parental lorsque les hommes s’engagent dans le soin. Ces tendances et mouvements contribuent à changer l’ordre des rapports sociaux de sexe. A contrario, des hommes se mettent à réfléchir à leur condition masculine de façon différente. Ils s’engagent dans des pratiques sociales remettant en cause les préceptes de la masculinité traditionnelle. Ainsi, plusieurs auteurs (Connell, 1995, 1998 ; Griffen, 1990 ; Welzer-Lang, 2004) prétendent que les hommes changent plus que l’on ne le dit, qu’ils apportent aux situations de tensions reliées aux transformations sociétales, des réponses diverses, originales. Il existe de plus en plus d’exemples de collectivités d’hommes qui produisent des modèles égalitaires (Bergman & Hobson, 2002 ; Knijn & Selten, 2002). En lien avec ces changements, les identités de genre sont de plus en plus flexibles (Castelain-Meunier, 2005 ; Dubar, 2000). Comme Castelain-Meunier le souligne : « les hommes veulent avant tout de la souplesse et la possibilité de choisir leurs rôles, les types de rapports qu'ils entretiennent dans la sphère domestique » (Castelain-Meunier, 2005, p. 163). Enfin, certains hommes ont besoin d'aide pour traverser cette période de transition et vivre plus adéquatement les changements sociétaux reliés aux transformations des rapports de genre.

Comment les hommes vivent-ils ces transformations et comment y participent-ils ? Les pratiques des masculinités et leurs représentations sont l’objet de renouvellements et de continuités par rapport aux modèles masculins. Ces pratiques correspondent à des actions ou des comportements par lesquels un homme démontre son degré d’adhésion (ou de rejet) aux attentes culturelles associées à la masculinité. Les représentations concernent les manières de penser et d’interpréter les réalités masculines. Elles sont donc le pendant cognitif et social des pratiques des masculinités. Dans son étude réalisée à la fin des années 1990 en France, Duret (1999) montre que les standards traditionnels demeurent centraux dans les représentations de la masculinité chez les jeunes adultes tant hommes que femmes. Mais plusieurs réalités ont bien changé depuis ce temps. C’est le cas de l’instauration des congés de paternité dans les années 2000 au Québec qui confèrent aux hommes une plus grande légitimité dans leur engagement paternel et dans les soins aux enfants.

Sur d’autres plans, des recherches récentes, notamment celle d’Anderson (2009), indiquent une plus grande diversité des pratiques de masculinité jugées acceptables par les jeunes hommes, incluant une diminution de l’homophobie, une plus grande reconnaissance de la diversité sexuelle et une plus grande acceptabilité de l’intimité entre hommes. En matière de santé au Québec, l’écart de l’espérance de vie à la naissance entre les femmes et les hommes rétrécit (Tremblay & Déry, 2010) et la plus forte baisse du taux de suicide est enregistrée chez les jeunes hommes en 2008 (Gagné & St-Laurent, 2009). Les hommes opèrent ce changement des pratiques de la masculinité de différentes manières. Ils le font individuellement ou collectivement. Quelles que soient leurs voies d’accès à la remise en question des repères traditionnels de genre, lorsque certains hommes entreprennent une démarche de changement de ce type, ils sont amenés à modifier leur vision d’eux-mêmes, des autres, des relations et de l’environnement dans lequel ils évoluent. Le premier cadre de référence, de ce qu’est - de ce qui fait - un homme, est transmis aux garçons durant leur socialisation primaire. Dans la réalisation des apprentissages initiaux correspondant à cette période, la famille, l’école et les médias initient les garçons aux rôles traditionnels de genre qui leur sont dévolus culturellement. Aussi, on attend des garçons qu’ils « deviennent des hommes » et… qu’ils le restent ! Autrement dit, on attend d’eux qu’ils se conforment au modèle dominant de la masculinité et qu’ils soient des pourvoyeurs, des individus actifs, autonomes, forts, puissants et rationnels, qu’ils contrôlent leurs émotions et soient hétérosexuels (Connell, 1995 ; Kimmel, 1996 ; Seidler, 1994, 2006). En effet, le système patriarcal imprègne toujours notre culture et nos modes de socialisation (Bak, 2007 ; à coeur d’homme, 2005). Dulac (2001) considère, pour sa part, que l'homme continue de devoir « prouver » sa (la) masculinité et que, pour y parvenir, il doit rejeter sa féminité, en étant viril, se faire connaître de cette manière et comparer sa virilité à celle des autres hommes. Dans ces conditions, les hommes qui déconstruisent la domination masculine en vue de promouvoir une société plus juste, égalitaire et non-violente doivent transformer leurs schèmes d’interprétation de la réalité qu’ils vivent comme homme, c'est-à-dire qu’ils doivent modifier leurs croyances, leurs valeurs, leurs attitudes, leurs comportements et leurs connaissances au regard de la « masculinité apprise ». Cette démarche est assimilable à un processus de « dé-socialisation » (Bertrand, 1998, p. 181), soit à une remise en question des pratiques culturelles et sociales dominantes aboutissant à une nouvelle compréhension du monde dans lequel ils vivent. Réalisée à l’âge adulte, elle prévoit que les hommes y participant désapprennent ce qu’ils ont appris durant leur socialisation primaire. Cela nécessite un examen critique des assises psychoculturelles qui sous-tendent leurs apprentissages initiaux et l’acquisition de nouvelles connaissances sur eux-mêmes, sur les autres et sur le monde et ce, notamment, en tenant compte de la dimension du genre, le leur

comme celui des autres.

Méthodologie de l'étude

Description de la ou des méthodes utilisées

Recherche qualitative et de type exploratoire. Située dans le champ des études sur le genre masculin et de l’andragogie, l’étude explore le processus d’apprentissage d’adultes faisant partie du Réseau Hommes Québec (RHQ). En utilisant une méthodologie qualitative, des entretiens semi-dirigés ont été effectués auprès de 16 membres de cette organisation d’entraide visant la remise en question des rôles de genre traditionnels masculins et encourageant le développement personnel des hommes.

Échantillon(s) et période(s) de collecte des données

Période  de collecte des données : avril et mai 2010. Les critères auxquels doivent répondre les sujets de l’étude étaient d’être ou d’avoir été membres d’un groupe d’entraide et de soutien du RHQ pendant au moins deux ans et d’être capables de parler de leur expérience.

Principaux résultats

Alors qu’une majorité des répondants ont dès leur entrée dans leur groupe au sein du Réseau pris conscience de l’importance de la culture masculine hégémonique, traditionnelle

ou restrictive ainsi que des impacts qu’elle a eu sur leur vie, il va de soi qu’ils ont aussi compris que leur inscription au sein du RHQ est en réaction à une identité qu’ils considéraient comme menacée, ou tout au moins ébranlée. Leur motivation à rejoindre le groupe se rattache à la volonté qu’ils ont eue de redonner un sens à leur vie, de combler un vide créé par une perte ou au besoin d’opérer des changements dans leur condition masculine. C’est souvent après avoir vécu un choc émotionnel important qui a bouleversé leur existence que les participants ont décidé d’adhérer au RHQ. Ils cherchaient un endroit où ils pourraient parler de leur vie d’homme et en rencontrer d’autres qui vivent la même chose qu’eux. Le RHQ est donc devenu un outil adéquat pour les guider dans leur quête.

Les groupes du Réseau leur ont offert un cadre propice à la résolution de leurs problèmes, un environnement favorable à des changements au niveau de leur philosophie de la vie ainsi que des modèles utiles à la réorganisation de leur identité masculine sur des bases moins conflictuelles. Ils ont tous appris à devenir masculins de manière non traditionnelle. En exposant leurs différents récits de vie, ils ont su mettre en évidence que les apprentissages des institutions dominantes ne sont pas forcément des vérités absolues. Ils ont su mettre de côté leur héritage socioculturel et l’image archétypale du masculin qui leur avait été souvent suggérée en même temps que des valeurs qu’ils ne rejettent pourtant pas en bloc. Cependant, les répondants, en changeant leur point de vue sur la masculinité, n’ont pas pour autant développé une grande conscience sociale et environnementale, c’est-à-dire qu’ils ne désirent pas malgré tout partir à la rescousse d’une société où les genres humains sont en redéfinition, car ce qu’ils voulaient par-dessus tout était de guérir une partie d’eux-mêmes sans forcément vouloir donner un sens universel à leur démarche. Néanmoins, ils comprennent maintenant davantage l’idée que l’abolition des inégalités assurera un meilleur avenir pour l’humanité entière. Bien que, au fil de leur cheminement au sein du Réseau, leur vision des rapports hommes-femmes a changé d’une façon très positive, il faut admettre que ce qui est définitivement plus radicale au niveau du changement correspond au nouveau regard qu’ils ont face aux relations entre hommes et à l’expression des émotions. Les participants ont su développer de l’intimité physique et émotionnelle entre eux, ce qui les a rapprochés de façon irrévocable. Cette évolution a en partie été rendue possible grâce au travail au sein du groupe qui a favorisé la résolution de certains conflits et tensions de rôle qui étaient à l’origine de beaucoup de problèmes psychologiques associés aux répondants comme l’anxiété, la dépression, le manque d’estime de soi ou la colère. Il est alors possible de mettre en évidence que le rôle des relations développées dans le contexte de groupe revêt une importance considérable dans la transformation de chacun des hommes interviewés. Les relations sentimentales qu’ils ont établies avec eux-mêmes (revalorisation de l’image de soi) et avec les autres (nouvelles amitiés, « réunification » avec leur père) ont contribué fortement aux changements que la plupart des répondants ont opérés durant leur séjour dans le groupe. Les participants y ont trouvé le courage de dire, être et sentir ce qu’ils n’avaient pu ou voulu dire, être ou sentir jusqu’à leur arrivée dans les groupes du RHQ. L’activité de la ligne de vie, notamment, qui reconstituait les étapes décisives de leur socialisation masculine, a été identifiée par tous les participants comme un point tournant de leur démarche. Par ailleurs, plusieurs répondants ont mis de l’avant les modèles positifs et crédibles d’hommes qu’ils ont côtoyés dans le groupe pour favoriser leur démarche de développement personnel. L’instauration d’un contexte de groupe respectueux et non hiérarchique a été un facteur important pour l’établissement des relations authentiques entre les membres ainsi que le respect de l’autonomie de chacun. Un contexte de groupe sécuritaire assuré par des règles et des rituels a aussi favorisé le développement de la confiance dans le groupe et entre les membres et a permis à ceux-ci de partager des moments d’intimité physique et émotionnellement entre eux.

Besoins identifiés

Des efforts constants devront être faits pour informer le public sur la manière dont les hommes, les garçons et les femmes sont tous potentiellement victimes des rôles de genre sexistes et restrictifs. Éventuellement, des changements seront nécessaires sur le plan sociétal en matière de compréhension interpersonnelle, sociale et politique des rôles de genre. Car plusieurs personnes sont encore inconscientes des effets négatifs des rôles de genre et du sexisme. Plusieurs individus souffrent en silence et certains projettent leur colère vers les autres, parfois de manière violente. Selon l’auteur, les coûts du silence et de l'inaction sont élevés pour l'humanité. L’auteur souhaite, que dans la continuité de cette recherche doctorale, lui et d’autres, en tant que chercheurs, […] pourrons dans le futur contribuer à l’approfondissement de la compréhension de la redéfinition du contrat de genre (Welzer-Lang, 2011) et transposer dans le domaine de l'activisme et du dialogue qui promeut la justice sociale pour tous les sexes les résultats des recherches sur les masculinités différentes et diversifiées.

Population cible

Hommes membres d’un groupe d’entraide et de soutien du RHQ.

Objectifs et hypothèses

Le but principal de la recherche est donc de produire des connaissances inédites sur la construction de la masculinité qui accompagne les pratiques formatives d'hommes réfléchissant sur leur identité masculine. Cette étude s’intéresse précisément à la transformation du cadre de référence de la masculinité qui caractérise la démarche d’hommes en changement. Elle explore le processus transformationnel vécu par 16 hommes participant à des groupes d’entraide et de soutien autogérés afin de déceler leurs motivations à s’engager dans cette démarche (point d’ancrage), ce qu’ils ont remis en question des rôles de genre traditionnels (contenus), la manière dont s’est accompli leur travail réflexif (processus) et les actions qui en ont résulté (résultats).

Postulats de la recherche

Tout d’abord, dans le contexte des mutations profondes de la société patriarcale occidentale, l’auteur postule qu’il existe un conflit de nature polysémique (cognitif, affectif, socioculturel et politique) entre le modèle de « l’homme traditionnel » tel qu’il est construit à travers la socialisation masculine (masculinité traditionnelle, restrictive et hégémonique) et les nouveaux impératifs des rôles de genre dont on attend beaucoup plus de flexibilité (Dubar, 2000). Ensuite, en considérant les connaissances produites dans le champ des études sur les hommes et les masculinités, l’auteur postule que ceux-ci peuvent changer et que l’on peut croire leurs récits de vie quand ils font part de leurs transformations (Dulac, 2000 ; Welzer-Lang, 2004). Le troisième postulat a trait au potentiel transformationnel d’une démarche menée au sein d’un groupe d’hommes. L’auteur postule que ce type de regroupement est un vecteur important de changement, notamment quand son action est centrée sur l’entraide et le soutien (Dulac, 1997 ; Lindsay, Turcotte, Montminy & Roy, 2006). En effet, ces groupes représentent, pour les hommes vivant une transition reliée le plus souvent à des événements dramatiques dans leur vie, une passerelle qui peut les mener sur le chemin de changements individuels ou collectifs. Cet environnement éducatif non formel d’introspection personnelle, de réflexion collective et d’entraide détient le potentiel d’une expérience d’apprentissage transformationnel pour les adultes. Par conséquent, l’auteur postule que les groupes autogérés du Réseau Hommes Québec (RHQ) […] présentent un potentiel transformatif.

Mots-clés

Masculinité, adulte, apprentissage, transformation de perspective, Réseau Hommes Québec, groupes pour hommes, réflexion critique

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