Perceptions des hommes québécois de leurs besoins psychosociaux et de santé ainsi que de leur rapport aux services

Perceptions des hommes québécois de leurs besoins psychosociaux et de santé ainsi que de leur rapport aux services

détails de la fiche synthèse

Réalisée: David Guilmette Mise en forme: Justin Sirois-Marcil Juillet, 2014

La motivation chez les garçons et les filles en Sciences humaines

Référence complète de l'étude

Boisvert, J. avec la collaboration de J. Paradis. (2008). La motivation chez les garçons et les filles en Sciences humaines, rapport de recherche PAREA, Saint-Jean-sur-Richelieu, Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu.

Préblématique et cadre théorique

La problématique de la recherche porte sur les apprentissages différenciés selon le sexe des étudiants au collégial ainsi que sur leurs sources de motivation. Les auteurs réitèrent l’importance de mieux connaître les différences à ces deux niveaux entre filles et garçons afin de contribuer à la réflexion sur les interventions à poser pour favoriser la réussite. Ils s’appuient sur une littérature mettant en relief des différences parfois sensibles selon le genre des étudiants. Notamment, ils citent une étude du CSÉ (1995) qui révélait que les filles avaient des comportements favorisant davantage la réussite que les garçons. Selon Terrill et Ducharme (1994), l’engagement face aux études est plus prononcé chez les filles. Le CSÉ (1999) met en évidence les effets des rôles sociaux de sexe et de la socialisation sur la réussite. Une étude du Collège Ahuntsic (2002) ayant porté sur la réussite des garçons a observé des différences marquées selon le genre sur les sources de motivations face aux études, sur les stratégies d’études utilisées sur  le temps consacré aux études. La recherche de Gingras et Terrill (2006) évoquait l’importance d’intervenir dès la première session auprès des garçons pour améliorer leur taux de diplomation. Selon Bernard (2003), le taux de réussite est plus élevé chez les filles en milieu collégial de 18,4% par rapport aux garçons en 2000-2001; même tendance observée dans l’étude de Gingras et Terrill (2006) et dans celle du CSÉ (2002). Dans son appréciation de la situation, le MEQ (2004) soulignait que la «scolarisation moindre (des garçons) apparaît une menace sérieuse à leur potentiel d’intégration dans la société» (MEQ, 2004, p.9). La recherche de Rivière et al. (1997) dresse une typologie de croyances chez les étudiants en lien avec trois types de réussite : scolaire, professionnelle et personnelle; 1-Répulsion; 2-Résignation; 3-Utilisation; 4-Actualisation; 5-Harmonisation. Les filles auraient des conceptions moyennes ou élaborées des trois genres de réussite alors que la majorité des garçons auraient des conceptions plus élémentaires selon les auteurs. Terrill et Ducharme résument ainsi les principaux traits distinctifs entre filles et garçons : les filles « aiment davantage étudier, elles consacrent beaucoup plus de temps à leurs devoirs et à leurs leçons, elles aspirent en plus grand nombre à des études universitaires, elles utilisent davantage la bibliothèque, elles sont plus nombreuses à effectuer des lectures et des travaux scolaires non obligatoires, et elles pratiquent plus d’activités culturelles compatibles avec les apprentissages scolaires, comme la musique, les concerts, le théâtre, les jeux intellectuels, etc.» (Terrill et Ducharme, 1994, p.274). Selon les auteurs, les garçons auraient davantage d’attitudes négatives envers les études, invoquant davantage que les filles le manque de motivation et de discipline.  Pour Karsenti et Thibert (1994), on observerait une autodétermination plus grande chez les filles quant à la motivation intrinsèque (s’engager dans une activité pour la satisfaction qui en découle) et une constance de cette motivation dans le temps. Cette question apparaît importante si l’on considère, selon Vienneau que : « pour plusieurs raisons, la motivation à apprendre demeure le facteur capital du rendement scolaire » (Vienneau, 2005, p.41). Enfin, selon Roy (2003), les filles seraient plus motivées que les garçons et les motifs d’abandon différeraient selon le sexe : absence d’intérêt et volonté de se réorienter chez les garçons, «surcharge» de travail chez les filles.

L’étude recourt à un cadre théorique basé sur deux concepts : le concept d’apprentissage scolaire de Vienneau (2005) axé sur une conception cognitive de l’apprentissage et selon une perspective constructiviste et le concept de motivation en contexte scolaire (modèle de Viau, 1994). Pour les auteurs, quatre facteurs internes seraient à considérer dans l’apprentissage selon le modèle développé (modèle de Vienneau): les aptitudes, les apprentissages acquis, les dispositions affectives et les dispositions cognitives. Dans le  deuxième concept (modèle de Viau), le contexte scolaire correspond aux activités d’enseignement et d’apprentissage chez l’élève. Trois types de perception sont analysés chez l’élève : perception de la valeur qu’il accorde à l’activité, de sa compétence à l’accomplir et de la contrôlabilité de son déroulement et de ses conséquences. Les auteurs ajoutent un 4e facteur : perception de sa propre motivation. Le modèle met en relation des déterminants et des indicateurs.

Méthodologie de l'étude

Description de la ou des méthodes utilisées

L’étude correspond à ce qu’il est convenu de nommer la recherche qualitative/interprétative car les données sont de nature qualitative et l’épistémologie sousjacente est interprétative. Deux méthodes de collecte de données sont privilégiées : l’entrevue de groupe et les documents écrits qui comprennent le questionnaire à questions ouvertes et les trois tests de motivation.

Pour la partie de la collecte de données faisant appel à l’entrevue, l’auteur a constitué un échantillon intentionnel dont le double critère d’échantillonnage reposait sur le sexe et sur la

performance scolaire. Un échantillon a été établi sur la base de deux critères : le sexe des étudiants et leur moyenne scolaire au secondaire. Au total, 60 étudiants (30 garçons, 30 filles) ont été retenus pour les entrevues réalisées en petits groupes. Dans les faits, le nombre d’étudiants rencontrés a été le suivant pour chacune des trois sessions: 68 à l’automne 2006, 39 à l’hiver 2007 et 38 à l’automne 2007. L’analyse s’est opérée sur la base de quatre catégories : filles faibles (sur le plan scolaire), filles fortes, garçons faibles, garçons forts.

En ce qui concerne la collecte de données à partir de documents écrits, les auteurs ont pu rejoindre une bonne proportion des élèves ayant débuté le programme à l’automne 2006 (la population).

Échantillon(s) et période(s) de collecte des données

La population cible est constituée de tous les garçons et les filles qui ont débuté leurs études collégiales au Cégep St-Jean-sur-Richelieu dans le programme de Sciences humaines à l’automne 2006. Dans le nombre d’inscriptions de la session automne 2006 pour le programme de Sciences humaines, au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu, la répartition des 294 élèves était la suivante : 161 filles et 133 garçons.

Principaux résultats

  1. Les garçons forts et les filles fortes : les deux convergent quant au fait que leur choix de carrière se précise graduellement au fil des sessions. Cependant, les filles ont un intérêt marqué dès la première session alors qu’il est progressif chez les garçons. L’aspect social devient moins présent au fil des sessions pour les filles et les garçons. Le cégep comme étape pour aller à l’université diminue chez les garçons dans le temps alors qu’il augmente chez les filles. Ces dernières mettent l’accent sur leurs capacités à réussir et sur leur bonne organisation du travail alors que les garçons mettent en relief leurs lacunes dans la gestion du temps et le fait qu’ils ne fournissent pas suffisamment de temps et d’efforts à leurs études. Les garçons disent travailler moyennement ou peu tout au long des trois sessions alors que les filles disent travailler de plus en plus fort au fil des sessions. De plus, elles sont portées à discuter de la matière avec d’autres personnes contrairement aux garçons. Ces derniers travaillent fort en classe, mais moins en dehors de la classe.
  2. Les garçons faibles et les filles faibles : le choix de carrière est plus précis dès l’entrée au cégep chez les filles alors qu’il se développe progressivement chez les garçons. Ces derniers mettent l’accent sur le fait qu’ils remettent leurs travaux à la dernière minute et les filles, sur celui de leur étude déficiente. Lors d’un échec scolaire, les filles identifient une compréhension déficiente de la matière, ce qui est moins le cas chez les garçons.  Ces derniers sont moins disposés à se reprendre au fil des sessions, ce qui n’est pas le cas des filles. La motivation se manifeste chez les garçons par leur participation en classe alors que chez les filles, elle s’exprime par le travail en dehors de la classe. Quant aux causes de non-motivation, le manque d’orientation chez les garçons et la fatigue chez les filles sont mentionnés. Les garçons disent éprouver des problèmes de gestion du temps alors que les filles ont plus souvent recours à des ressources extérieures.

Les principales différences selon le genre à partir des tests de motivation : l’engagement cognitif et les stratégies autorégulatrices de gestion sont plus forts chez les filles. Les résultats suggèrent que les filles, peu importe leur calibre scolaire, s’engagent plus que les garçons dans leurs études et appliquent de meilleures stratégies de gestion tout au long des trois sessions. Sur le plan des stratégies d’apprentissage, elles accordent plus d’heures que les garçons aux études, elles recourent davantage à des ressources d’aide et elles discutent davantage de la matière. L’étude met en relief l’intérêt de vérifier l’impact d’une démarche systématique d’orientation professionnelle sur la motivation des étudiants et d’explorer l’influence de la « culture masculine scolaire » sur la motivation, la performance et la persévérance aux études des garçons. Des attitudes et des comportements sont différenciés selon le sexe des étudiants selon l’étude et on peut identifier une motivation intrinsèque aux études chez les filles. Enfin, les filles utilisent davantage leur environnement à des fins d’entraide et les garçons ont un aspect ludique certain au regard des études.

Besoins identifiés

  • Mettre sur pied des ateliers méthodologiques obligatoires à l’entrée au cégep pour les étudiants plus faibles.
  • Fournir et rendre disponibles les ressources nécessaires pour accompagner l’étudiant dans la définition de son projet d’études et de plan de carrière.
  • Encourager la création d’un système de pairage d’étudiants forts et faibles dans une relation de type aidant-aidé.
  • Dès le secondaire, offrir de l’information sur le collégial pour mieux en connaître les visées éducatives.

Population cible

Tous les garçons et les filles ayant débuté leurs études collégiales au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu dans le programme de Sciences humaines à l’automne 2006.

Objectifs et hypothèses

Objectif général :

Comparer la motivation en contexte scolaire chez les filles et chez les garçons inscrits en Sciences humaines au collégial, et ce, au cours des trois premières sessions de leur programme d’études.

Objectifs spécifiques :

  • Décrire les déterminants et les indicateurs de la motivation chez les filles et chez les garçons;
  • Dégager les convergences et les divergences entre les filles et les garçons;

Mettre en évidence les convergences et les divergences entre les étudiants forts et les étudiants faibles sur le plan scolaire.

Mots-clés

Motivation, garçons, filles, sciences humaines, Cégep, études, collègiales

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