Perceptions des hommes québécois de leurs besoins psychosociaux et de santé ainsi que de leur rapport aux services

Perceptions des hommes québécois de leurs besoins psychosociaux et de santé ainsi que de leur rapport aux services

détails de la fiche synthèse

Réalisée: David Guilmette Mise en forme: Justin Sirois-Marcil Juillet, 2014

Portrait des jeunes de 12‐18 ans de Bordeaux ‐ Cartierville

Référence complète de l'étude

Belleau, H., Bayard, C. en collaboration avec Péarron, D. (2002). Portrait des jeunes de 12‐18 ans de Bordeaux‐ Cartiervill. Montréal : CHSLD et CLSC Bordeaux‐Cartierville. Repéré à http://bcstl.santemontreal.info/fileadmin/csss_bcsl/Menu_du_haut/Publications/Enseignement_et_recherche/documents/Portrait__jeunes_B-C_mai_2002.pdf

Préblématique et cadre théorique

En novembre 1999, la Table de concertation jeunesse Bordeaux-Cartierville et le CHSLD CLSC Bordeaux-Cartierville déposaient le document «Grandir à Bordeaux- Cartierville, état de la situation» dans le cadre du projet Jeunesse Montréalais. Ce document présentait des données démographiques, économiques, socio-sanitaires ainsi que les diverses ressources offertes aux jeunes du territoire et à leur famille. Toutefois, en dehors de ces données statistiques générales provenant principalement de la Direction de la santé publique et de la Régie régionale des services de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre, peu d’informations sont disponibles sur les jeunes de 12 à 18 ans résidant à Bordeaux-Cartierville. Ce constat a donc conduit les membres de la Table de concertation jeunesse à mettre de l’avant le projet de recherche.  Le rapport est donc avant tout un outil de travail qui est destiné aux intervenants afin de permettre d’orienter les interventions futures pour le bien-être des jeunes du territoire. Plus de 60 % des jeunes disent souhaiter compléter des études de niveau universitaire. Les filles se sont avérées légèrement plus nombreuses à formuler ce souhait.

Méthodologie de l'étude

Description de la ou des méthodes utilisées

Il s’agit d’une enquête quantitative de type monographie descriptive où on a eu recours à un questionnaire d’enquête. Dans cette étude, la sélection des répondants n’a pas été réalisée selon les règles de l’échantillonnage aléatoire. En raison de contraintes de temps et compte tenu de la difficulté de rencontrer les jeunes de 12 à 18 ans en grand nombre, l’équipe a fait le choix de passer par l’entremise de trois établissements scolaires de niveau secondaire du quartier Bordeaux-Cartierville. Afin de cerner dans quelle mesure il est possible d’appliquer les résultats de cette enquête à l’ensemble des jeunes du territoire, l’équipe a vérifié, d’une part, la proportion de jeunes du territoire rencontrés et, d’autre part, a comparé les jeunes de l’échantillon avec des données du recensement de 1996 portant sur le lieu de résidence, la composition des ménages et le pays de naissance. L’élaboration du questionnaire a tenu compte des thématiques et des résultats de quelques études récentes qui ont été réalisées dans les écoles visitées ainsi que d’une consultation auprès d’intervenants. Au cours du mois de mars 2001, 4 membres de l’équipe de recherche se sont rendues dans les écoles afin de soumettre le questionnaire aux jeunes. Cette démarche a permis de présenter le questionnaire aux jeunes en suivant une procédure standard. Les jeunes ont pris en moyenne entre 30 et 45 minutes pour répondre au questionnaire. Ceux inscrits en classes d’accueil ont pris, quant à eux, parfois jusqu’à une heure 10 minutes en raison de leur faible connaissance du français. Enfin, les réponses des 1 146 jeunes ont ensuite été saisies et codifiées par une firme spécialisée. Une analyse des données a été faite à l’aide du logiciel SPSS. Le questionnaire comprend 90 questions en plus des sous-questions. Pour chacune d’elles, l’équipe a vérifié s’il y avait des différences observées selon le sexe et l’âge. Celles-ci sont appuyées par les statistiques du chi carré et l’analyse de variance selon le type de données comparées. Le seuil retenu pour considérer un résultat significatif a été fixé à 0,05.

Échantillon(s) et période(s) de collecte des données

L’enquête quantitative a été réalisée entre avril 2000 et juillet 2001 auprès de 1 177

jeunes âgés de 12 à 18 ans, fréquentant des écoles secondaires du quartier Bordeaux-Cartierville de Montréal.

Principaux résultats

Au total, 564 garçons et 540 filles âgés de 12 à 18 ans, ont répondu à l’enquête. 59 % sont né à l’étranger (90 pays différents) et 70 % vivent avec leurs parents. Afin de cerner comment les jeunes se projettent dans l’avenir, il leur a été demandé de dire comment ils s’imaginent à 30 ans. Les premiers éléments de réponse des jeunes ont trait à la profession, à la famille et à la vie conjugale. Les filles ont été légèrement plus nombreuses que les garçons à avoir mentionné d’abord le fait d’avoir une bonne profession et, ensuite, leur désir de fonder une famille contrairement aux garçons qui font allusion à la famille en premier lieu. Pour la grande majorité des jeunes interrogés, un travail idéal est d’abord un emploi

plaisant, intéressant (80 %) ou un travail qui permet de développer des connaissances

(30 %). Le second critère en importance est qu’il doit être payant, comme le révèlent les

réponses de 64 % des jeunes. À ce propos, on constate que les garçons ont été plus

nombreux que les filles à affirmer qu’un travail idéal devait être payant, soit 405 garçons

contre 299 filles. Ils ont été aussi 2 fois plus nombreux à mentionner qu’un emploi, pour

être idéal, devait donner un sentiment de pouvoir. Les filles sont légèrement plus nombreuses à vouloir aller à l’université (66 % par rapport à 58 %). Les garçons sont plus nombreux que les filles à démontrer un intérêt particulier pour l’environnement, la santé, la politique, l’éducation, le chômage/emploi et l’économie. En contrepartie, les filles se préoccupent davantage des questions liées à l’égalité entre hommes et femmes, à la violence et au sort des enfants maltraités. Les jeunes rencontrés sont relativement nombreux à vouloir s’impliquer socialement, soit 67 % d’entre eux. Les filles se sont avérées plus nombreuses que les garçons puisque 79 % d’entre elles ont répondu affirmativement contre 56 % des garçons.

 

Les filles passent davantage de temps que les garçons aux travaux scolaires (une heure) ainsi qu’à la lecture (une heure). Les garçons en revanche passent davantage de temps à l’informatique (3 heures) (incluant jeux vidéos et navigation sur Internet), aux activités sportives (3 heures) et à la télévision (une heure). 11 % disent lire 4 heures et plus. On retrouve dans cette dernière catégorie 2 fois plus de filles que de garçons. Par ailleurs, ces derniers accordent deux fois plus de temps à des activités sportives; de fait, les filles se sont avérées 2 fois plus nombreuses que les garçons à ne pratiquer aucune activité sportive. En moyenne, les jeunes estiment consacrer 7 heures 15 minutes par semaine à l’informatique, en dehors des heures de classe. Les écarts entre filles et garçons sont aussi importants. Elles y consacrent en moyenne 5 heures 45 minutes par semaine alors que les garçons y consacrent en moyenne 8 heures 45 minutes. Un peu plus d’un jeune sur 5 dit n’effectuer aucune tâche domestique durant la semaine. Parmi ceux qui en accomplissent, la moyenne est d’un peu plus de 3 heures et 30 minutes. Toutefois, cette moyenne reflète davantage les comportements des filles que ceux des garçons, car celles-ci sont plus nombreuses et y consacrent plus de temps. Ainsi, si la moyenne du temps consacré est de 3 heures 30 minutes pour les filles, elle se situe à 2 heures 15 minutes pour les garçons, soit un écart d’une heure 15 minutes par semaine entre les sexes.

 

Un peu plus d’un jeune sur 2 pratique une forme ou une autre d’activités artistiques, qu’il

s’agisse de théâtre, de musique, de dessin ou de peinture. Les garçons sont plus

nombreux que les filles à n’effectuer aucune activité artistique. Lorsqu’ils pratiquent une

telle activité, ils y investissent moins d’heures que les filles au cours d’une semaine. Les garçons sont plus nombreux à avoir consommé de l’alcool au cours du dernier mois

et consomment plus fréquemment de l’alcool que les filles. On observe, en effet, que

77 % des filles contre 58 % des garçons boivent moins d’une fois par semaine. Dans

toutes les autres catégories, les garçons supplantent les filles. Parmi les 371 jeunes ayant bu au cours du dernier mois, 12 % déclarent avoir conduit un véhicule alors qu’ils avaient consommé de l’alcool. Les garçons sont ici 3 fois plus nombreux que les filles. Sur le plan de la consommation de drogues, les garçons sont 2 fois plus nombreux à en consommer et ils ont plus tendance que les filles à en prendre en solitaire. Les garçons sont légèrement plus nombreux à avoir été témoin d’actes de violence. Ils sont également près de 2 fois plus nombreux que les filles à affirmer avoir été témoins ou victimes de violence, de la part d’ami(e)s et de professeurs.

 

Les dimensions importantes d’une relation amoureuse varient en fonction du sexe des répondants. Entre autres, les filles mettent davantage l’accent sur l’amour, la franchise, l’honnêteté, le respect de soi et des autres, la communication et la fidélité. La notion de plaisir semble plus importante pour les garçons que pour les filles. Sur le plan des valeurs, voici quelques différences : respect (F=33%,G=27%), prospérité (G=19%, F=8%), amour (F=31%, G=19%), honnêteté (F=12%, G=9%).

 

Les sujets de désaccords mentionnés par les jeunes diffèrent selon le sexe de ces

derniers. Les filles sont 2 fois plus nombreuses que les garçons à souligner les heures

de sorties ainsi que plus de 4 fois plus nombreuses à indiquer l’ami du sexe opposé. Il

peut s’agir ici de discordes entre les jeunes et leurs parents au sujet de la simple

présence d’un(e) ami(e) de coeur ou encore de l’opposition de ces derniers par rapport

au choix de l’ami(e) en question. Elles sont aussi plus nombreuses à mentionner les

discussions au sujet des amis, des tâches ménagères et de leur manière de se vêtir et

de se coiffer. Parmi les autres sujets de désaccords, les garçons sont plus nombreux à

dire que leurs parents critiquent leurs comportements, qu’ils ne s’entendent pas au

niveau de l’argent ainsi qu’au sujet des efforts investis dans le travail scolaire (à l’école

et à la maison).

Sur le plan des sorties le soir, 74% des garçons ont la permission des parents contre 48% pour les filles. Au cours des 6 derniers mois, 24% des filles et 16% des garçons ont eu des pensées suicidaires; les filles sont plus nombreuses à en parler à quelqu’un.

Besoins identifiés

  • Favoriser le développement d’activités physiques au goût et selon les disponibilités des filles pour stimuler leur participation;
  • Ajouter des ressources de soutien moral (demande des filles principalement);
  • Faire la promotion de comportements égalitaires;
  • Porter une attention particulière au climat d’homophobie affectant davantage les garçons à l’école;

Population cible

Jeunes de 12 à 18 ans fréquentant des écoles secondaires du quartier Bordeaux-Cartierville de Montréal (dans l’échantillon, 59 % sont nés à l’extérieur du Canada).

Objectifs et hypothèses

Les objectifs de l’étude sont les suivants :

1) Dresser un portrait actuel des problématiques jeunesse du territoire;

2) Connaître les besoins identifiés par les jeunes eux-mêmes en termes de ressources et de services;

3) Confirmer les réalités perçues par les intervenants-terrain (besoins, problèmes, etc.);

4) Orienter les interventions futures.

Mots-clés

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